Au Val d'Aoste l'Angelus sonne à 11h30

En considération du fait que dans le passé quelqu’un à écrit sur un journal sa “curieuse” proposition de déplacer en Vallée d’Aoste, la sonnette de l’angelus de 11h30 à 12h00 - selon l’usage commun à tout le monde - nous voulons proposer à tous un très petit historique sur cet ancien usage.

Avant tout il faut rappeler que l’institution de cet office, remonte à 1095, à la suite d’une décision du pontife Urbain II (1088-1099); cette promulgation arriva pendant la réunion du Concile de Clermont (France). La décision avait été prise pour implorer la protection de la Reine du Ciel sur les armées de la chrétienté qui se déplaçaient vers la Terre Sainte à l’occasion de la première croisade.

Dès lors chaque village où le christianisme avait germé à adopté cette pratique réligieuse.

 

Chez-nous, en Vallée d’Aoste, l’usage de sonner pour cette prière la cloche à midi, fut anticipé d’une heure en 1536.  Pourquoi?

Cette année-là le Conseil des Trois-Etats - réuni en séance extraordinaire - décida d’établir de sérieuses mesures de sûreté publique à prendre contre les calvinistes, qui voulaient porter leur doctrine dans nos vallées valdôtaines; par la suite le noble René de Challant décida d’expulser du Pays tous ceux qui réclamaient le presbytérianisme. Selon la tradition parmi ces derniers il y avait aussi le réformateur français Jean Calvin (1509-1564) (mais probablement c’est seulement une légende!).

Leur fuite d’Aoste fut annoncée à 11 heures, lorsque la bonne nouvelle fut donnée au son de la grande cloche de la Cathédrale.

Dès lors l’Angelus à toujours sonné à cette heure çi; récemment il à été déplacé à 11h30.

Après presque 500 ans, le déplacer pour des raisons de “respect” par rapport à d’autres religions, ou pour “ne rester confinés dans nos petits usages” est, selon nous, absurde.

La collaboration avec d’autres religions du globe se fait dans le plein respect des diversités. Donc il n’est pas souhaitable de “corriger” cet “anachronisme”, et ce pour deux raisons principales:

- le respect de nos racines, de notre religion et de nos moeurs;

- le fait que cet usage ne nous rend pas “meilleurs” des autres, mais tout simplement “divers”.

Et respecter la pensée des autres est le premiers pas pour s’ouvrir au dialogue avec toute diversité!

 

Donc vive nos usages et vive les usages des autres. Et si cette “anomalie valdôtaine” fait la curiosité des touristes, tant mieux. Leur stupeur s’ajoutera à celle des milliers d’autres personnes qu’ils ont reconnu d’autres différences dans les usages de chaque village et région du monde...